Bébé & moi le site de la femme enceinte et du bébé
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Syndrome du Bébé Secoué

NE JAMAIS SECOUER UN BEBE !

Aujourd'hui en France, des centaines d'enfants de moins de 24 mois sont victimes de secousses violentes infligées par des adultes, des dizaines d'entre-eux décèdent et une grande partie garderont des séquelles très graves : c'est ce qu'on appelle le Syndrome du Bébé Secoué (le SBS).

Le SBS n'est pas une fatalité, bien au contraire, il peut être évité !

Nous pouvons le combattre en informant toute personne étant aménée à garder un bébé, du danger de le secouer violemment, et en sachant que faire lorsque les pleurs de bébé deviennent trop pesantes.

Informer, éduquer, diffuser l'information, c'est sauver des vies.

 

Qu’est-ce que c’est ?

Le Syndrome du Bébé Secoué (SBS) regroupe tous les signes et les symptômes résultant de la secousse violente d'un bébé ou d'un petit enfant. C'est une forme de maltraitance d'enfant.

Quelques fois, les pleurs d'un enfant peuvent dépasser le seuil de tolérance d'adultes en charge de celui-ci. Dans le désespoir (dans un moment de "pétage de plombs") et sans connaître les dangers et/ou envisager leurs conséquences, ils peuvent secouer le bébé "pour faire cesser les pleurs".

Ces secousses peuvent entraîner chez l'enfant des conséquences neurologiques irréparables : le décès (dans 10% à 30% des cas), des séquelles très graves (dans 50% à 60% des cas) telles que la tétraplégie, cécité, hémiplégie, épilépsie...
Seuls quelques enfants s’en sortiront sans séquelle. Néanmoins on retrouvera fréquemment chez ces enfants, quelques années plus tard, des troubles du comportement, des problèmes de mémoire...


Dans quelles circonstances ?

Volontairement :
- Une personne secoue le bébé par frustration dûe aux pleurs, au bébé qui vomit après avoir été changé, ...
Involontairement :
- Lors de jeux à risques mal contrôlés tels que "lancer l'enfant en l'air"...
- Faire un jogging avec bébé sur le dos,
- Tenter de réanimer maladroitement un bébé par des secousses après un malaise...

 

Conséquences ?

"La gravité des lésions et des issues consécutives à un traumatisme crânien par suite d’acte violent chez les nourrissons est pire que dans tous les autres types de lésion crânienne chez l’enfant" (Goldstein et coll., 1993; DiScala et coll., 2000).

"Les issues découlant du fait d’être secoué violemment peuvent varier de l’absence d’effet apparent à une incapacité cérébrale permanente, y compris un retard du développement, des convulsions ou la paralysie, la cécité et même de la mort.
Les conséquences des lésions neurologiques chez les survivants peuvent beaucoup tarder à se manifester et entraîner un éventail de déficits tout au long de la vie, y compris des troubles de comportement et un déficit cognitif
" (Chiocca, 1995).

La littérature neuropédiatrique  est très dense sur ce sujet mais un élément ressort et doit être retenu : le cerveau étant touché, les conséquences sont très graves dans la très grande majorité des cas.
Il y a peu de chance qu'un enfant ayant été secoué s'en sorte sans séquelle.

 

Pourquoi ?

Chez le nourrisson, les muscles du cou ne sont pas suffisamment toniques pour maintenir la tête, dont le poids est encore relativement lourd (~25% du poids total) par rapport au reste du corps. Lorsqu’un enfant en bas âge est secoué, sa tête balance donc relativement violemment d’avant en arrière.
Par ailleurs, contrairement au cerveau adulte, le cerveau d’un bébé ne remplit pas complètement sa boîte crânienne. Des oscillations brusques de la tête peuvent provoquer :
- un va-et-vient du cerveau qui heurte alors les parois du crâne,
- le cisaillement des veines-ponts entrainant des hémorragies.

Secouer un enfant au point de provoquer des lésions est un acte tellement violent que même des observateurs non avertis en reconnaîtraient immédiatement le danger (American Academy of Pediatrics, 1993; Carty et Ratcliffe, 1995).

 

Historique

En 1972, J. Caffey fut le premier à parler de syndrome du bébé secoué avec coup de fouet cervical. D’autres descriptions sont également privilégiées, dont syndrome d’impact par secousse (Bruce et Zimmerman, 1989, Duhaime et coll., 1998), traumatisme crânien par suite d’acte violent (Starling et coll., 1995), syndrome du nourrisson secoué avec coup de fouet cervical (Bonnier et coll., 1995), traumatisme crânien non accidentel (Giles et Nelson, 1998) et lésion crânienne non accidentelle (Barlow et Minns, 1999).
 

Aspect médical

Le SBS correspond à un ensemble d’observations cliniques sur un nourrisson qui a été secoué violemment.
Parmi les lésions caractéristiques du syndrome du secoué, soulignons une hémorragie intracrânienne (saignement à l’intérieur et autour du cerveau), une hémorragie rétinienne (saignement dans la rétine de l’oeil) et des fractures des côtes ou de l’extrémité des os longs. Un traumatisme par impact peut aussi causer d’autres lésions, telles des ecchymoses, des lacérations ou des fractures.
Il peut n’y avoir aucun signe externe de traumatisme crânien.
Des études confirment que la plupart des bébés secoués, mais pas la totalité, présentent aussi des signes évidents de lésions par impact.


Le bilan initial comporte :
- un scanner,
- un électro-encéphalogramme,
- un examen du fond d'œil à la recherche d'hémorragies rétiniennes,
- des radiographies du squelette entier à la recherche de fractures,
- une hémostase (2) complète ainsi qu'un bilan biologique afin d'exclure des troubles de la coagulation et certaines maladies métaboliques.
(2) Bilan biologique d'un trouble de la coagulation.


Le traitement chirurgical
Son but est de diminuer la pression intracrânienne en évacuant l'épanchement péricérébral compressif.
Trois méthodes :
1- La
ponction transfontanellaire
Surtout indiquée comme un geste d'urgence devant un état clinique grave.
2- La mise en place d'une
dérivation sous-durale externe.
Une dérivation externe peut être suffisante mais comporte un risque d'infection. Son indication est réservée aux cas où le liquide très sanglant risque, du fait de caillots sanguins, d'obstruer le matériel de dérivation externe.
3- La mise en place d'une
dérivation sous-duro-péritonéale que l'enfant gardera pendant 3 mois, traitement de choix dans 85% des enfants opérés et dans 60% des cas en première intention.
 

Prévention

Ne pas secouer votre bébé ne signifie pas le maintenir dans un nid de coton.
Il faut simplement tenir compte de cette fragilité de la tête caractéristique du nourrisson et donc toujours maintenir sa nuque lorsqu'on le tient.

Les gestes à risques :

En-dehors des cas de maltraitance volontaire de l'enfant,
deux attitudes sont susceptibles de provoquer un syndrome du bébé secoué :
-
secouer un bébé qui pleure pour le faire cesser, parce que l'on est excédé par ses cris
-
secouer un bébé qui fait un malaise, pensant que cela va le réanimer

Quelques conseils si vous vous sentez concerné par ces comportements à risques :

- Apprendre à identifier les causes des pleurs de l'enfant afin d'adopter la conduite appropriée.
- Ne pas hésiter à demander aide et conseil à ses proches ou à des professionnels (au centre de P.M.I. le plus proche par exemple) si l'on sent que l'on perd patience. Même si vous êtes en congé parental, pourquoi ne pas confier Bébé à sa mamie quelques heures par semaine, histoire de souffler un peu ?
- Apprendre les gestes de premiers secours pour savoir prendre en charge un enfant qui ne respire plus.
 

Justice

Un signalement judiciaire a été réalisé dans 43% des cas à Necker sur les dernières années ; un signalement administratif dans 15% des cas.

Quelles sont les répercussions juridiques liées au fait de secouer un bébé ?
Secouer un bébé n'est pas un mode de discipline reconnu, mais une forme de violence faite aux enfants et une agression criminelle. Les répercussions juridiques du syndrome du bébé secoué touchent l'aide à l'enfance et les enquêtes criminelles, lesquelles déterminent s'il est dangereux ou non pour les enfants de demeurer sous la garde des personnes qui en ont la charge, et si une accusation d'infraction criminelle sera portée, tels des voies de fait ou un homicide. Toutes les disciplines associées à cet aspect du problème, y compris les travailleurs sociaux, les policiers, les avocats (de la Couronne et de la défense), les juges et les agents de probation, doivent connaître l'étiologie, les effets et les issues de ce syndrome chez l'enfant, afin d'intervenir de la manière la plus efficace possible.

Au Canada, secouer violemment un enfant est reconnu comme une agression, c'est à dire une forme de violence faite aux enfants et une infraction criminelle.

 

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